Critique : Dead Island : Riptide (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Introduction

Dead Island : Riptide est une déception, mais pas pour les raisons habituelles. Normalement, j’utilise ce terme pour parler d’une suite qui n’atteint pas les mêmes standards établis par le jeu précédent. Ce n’est pas le cas ici. En fait,Riptide aurait dû être du contenu téléchargeable tellement il est identique au premier, que j’avais plutôt aimé honnêtement. Dead Island a voulu utiliser quelques concepts appartenant à d’autres franchises afin de se forger une identité propre. Il a réussi, mais ça n’a pas empêché la série de sombrer dans la médiocrité…

Histoire et personnages

L’histoire reprend au moment exact où se terminait Dead Island. Les quatre survivants se sont enfuis de l’île de Banoi en hélicoptère. Ils atterrissent sur un bateau qui se trouve à son tour infesté par des zombies. Le navire coule et les protagonistes se réveillent sur la plage d’une autre île (Palanai) se situant à proximité. Celle-ci est aussi affectée par l’infection. Tout comme dans le premier jeu, nos héros doivent trouver le moyen de quitter l’île afin de retourner chez eux. Grâce à une nouvelle recrue découverte sur le navire, le joueur peut choisir parmi cinq personnages maintenant. Pourquoi sont-ils immunisés contre le virus? D’où vient-il? À vous de le découvrir…

Si tout cela vous semble familier, sachez que le reste de l’histoire n’est pas original non plus. Beaucoup de films ont une prémisse similaire, particulièrement quand l’armée s’en mêle. Essayez de deviner l’intrigue. Je suis presque certain que vous la résoudrez à votre première tentative. On ne joue pas à Dead Island pour la complexité de son scénario, disons. Les personnages n’ont rien de particulier non plus. En fait, plusieurs d’entre eux tombent malheureusement dans des stéréotypes faciles. Bien qu’ils soient distincts, ils seront oubliés au moment même où vous fermerez votre console suite au générique de la fin.

Jouabilité

S’il y a un aspect où le jeu brille véritablement, c’est celui-ci. Le jeu en est un de tir à la première personne. Son genre est plus complexe cependant. Riptide comprend des éléments de survie horrifique (survival horror) et de jeu de rôle qui jouent une importance capitale. Le tout bien arrosé d’action, évidemment. C’est donc dire que les jeux qui s’en rapprochent le plus sont Dead SpaceDead Rising et Borderlands. Vous pouvez sélectionner l’un des cinq personnages principaux qui ont chacun une spécialité pour combattre. Sam B est un rappeur qui utilise des objets contondants pour se défendre. Purna Jackson préfère les armes à feu pour éliminer les zombies. Xian Mei emploie des objets tranchants pour démembrer plus facilement ses proies. Logan Carter se spécialise dans les objets qui peuvent être projetés. John Morgan, le nouveau venu, préconise un style plus rapproché où ses poings sont à l’honneur. J’ai aimé le fait qu’ils aient tous un style particulier, ça reflète bien leur personnalité. Si Techland (les créateurs du jeu) nous avait laissé le choix de modifier les personnages et leurs habiletés à notre guise, les survivants auraient été interchangeables. À la limite, un seul personnage aurait suffi.

Ce qui rend Dead Island particulier (mais pas unique) est sa capacité de créer et de modifier les armes selon nos préférences. Toutes sortes d’objets peuvent être unis dans le but de les améliorer. Pour vous donner une idée, mon arme favorite est un katana électrifié. Il est créé en attachant une batterie à l’épée en question. Quand un coup critique est porté à un zombie, ce dernier est électrocuté et paralysé pendant quelques secondes. Amplement le temps de le tuer. Mon fusil préféré empoisonnait ses victimes (comment des morts-vivants peuvent-ils être empoisonnés me demandez-vous? Pas besoin d’approfondir énormément votre raisonnement, vous vous donnerez des maux de tête inutiles!). Quand ils étaient atteints d’un projectile, mes cibles régurgitaient leurs tripes. De quoi profiter d’un moment de répit suffisamment long pour achever leur agonie d’un second coup de feu. Puisque tous les ennemis laissent tomber des objets divers et que ces derniers sont éparpillés partout sur la carte, vous ne manquerez jamais d’ingrédients afin de concocter l’objet de destruction de vos rêves. Les personnages ne peuvent pas porter une quantité infinie d’armes sur eux par contre. C’est pourquoi vous devrez faire des choix. Vous croyez avoir créé l’arme qui pulvérisera tout sur son passage? Bravo! Il y a une ombre au tableau cependant : les armes se dégradent plus vous les utilisez. Elles peuvent même être détruites si elles ne sont pas entretenues. Vous devrez donc trouver des ateliers qui vous permettront d’effectuer les réparations en plus d’offrir la possibilité de les améliorer. Assurez-vous de posséder l’argent nécessaire. Plus l’arme est puissante, plus les réparations sont dispendieuses.

Les combats sont brutaux, intenses et dangereux. Chaque coup porté par une arme (autre qu’un fusil) laisse des traces satisfaisantes. En effet, les zombies peuvent perdre l’usage de leurs membres s’ils sont brisés ou sectionnés. Pour ceux qui se disent : « Bof, j’vais monter à un niveau tellement élevé que les zombies ne me poseront plus de problèmes », détrompez-vous. Les niveaux des morts-vivants augmentent au même rythme que les vôtres! Plus vous serez puissant, plus ils le seront à leur tour. C’est une bonne chose, car peu importe votre niveau, le degré de difficulté sera presque identique. Je dis presque, car vos habiletés ainsi que quelques statistiques feront de vous une machine à tuer de plus en plus efficace à des niveaux élevés. Seulement la force et l’endurance des zombies s’accroîtront, à titre de comparaison. L’addition majeure de Riptide à la franchise, hormis quelques nouveaux types de zombies, se trouve dans les séquences où le joueur doit défendre une base contre des vagues de morts-vivants. C’est apprécié, mais trop répétitif. Peu importe le lieu, ces combats se déroulent de la même manière. L’effet de nouveauté disparaît rapidement.

Graphiques, musique et voix

Si vous m’avez trouvé dur avec Riptide jusqu’à présent, vous n’avez rien vu encore…Quand un jeu utilise le même moteur que son prédécesseur, on doit s’attendre à quelques améliorations. Surtout lorsque deux années s’écoulent entre les deux opus. Pas ici. Dead Island était miné par tous les bogues qui l’infestaient. Un studio ordinaire aurait fait des pieds et des mains afin que la situation ne se reproduise pas. Ce n’est pas arrivé. Est-ce de la paresse? Un manque d’argent? Des testeurs qui n’ont pas fait leur boulot? Je ne sais pas et je m’en fous. C’est totalement inacceptable qu’un tel produit se retrouve sur les tablettes. Je serais moins intransigeant si le jeu était relié à un film et devait sortir presque en même temps (comme la multitude de « jeux » de Marvel et Disney). Ce n’est pas le cas. Les créateurs n’ont aucune excuse. Est-ce la raison pour laquelle le jeu se vend à 49.99$ au lieu du 59.99$ habituel? Possible, mais j’en doute fortement. En temps normal, la jouabilité est la première chose que je regarde quand un jeu m’intéresse. Les graphiques m’importent peu si j’ai du plaisir. Je préfère, et de loin, Super Mario WorldTeenage Mutant Ninja Turtles IV : Turtles in Time ou encore Sonic the Hedgehog 2 (qui se trouvent sur des consoles anciennes) à des jeux récents hyperréalistes peu inspirés et difficilement jouables. Par conséquent, si le jeu a tellement de bogues qu’il ne me donne plus envie de jouer, il y a un problème majeur. Comme je l’ai mentionné, la jouabilité est très bonne. Le moteur du jeu vient tout détruire. À plusieurs occasions, Riptide a gelé complètement. Pas juste le jeu, la console aussi! Laissez-moi vous donner quelques exemples de tout ce qui ne tourne pas rond côté graphiques :

-Corps qui bougent encore, même après leur mort (spasmes pas reliés aux décès).

-Cadavres qui tombent par terre (comme s’ils venaient de mourir) à mon entrée dans une nouvelle pièce.

-Ennemis qui retournent se coucher quand je sors d’une pièce où je viens à peine d’entrer.

-Silhouettes des ennemis qui se pixelisent quand on les voit de loin à travers de la fumée ou du brouillard.

-Personnages qui ont l’air de mannequins puisqu’on remarque très facilement la démarcation de leurs bras à leurs épaules.

-Textures qui apparaissent quelques secondes après mon entrée dans une pièce.

-Ennemis qui restent coincés dans l’environnement (dont une fois, mémorable, où un zombie très puissant me poursuivait. Sa carrure immense a fait en sorte qu’il n’a pas pu me suivre dans une pièce où je suis allé me réfugier. J’ai pu l’éliminer sans que ma vie soit en danger en demeurant à quelques pieds du cadre de porte).

-Ennemis qui disparaissent tout simplement.

-Jeu qui ralentit terriblement quand trop de zombies sont présents en même temps.

La liste est longue, mais vous comprenez le message (j’aurais pu en ajouter beaucoup d’autres!). Je n’étais plus du tout immergé dans le jeu grâce à tous ces bogues affreux. J’étais particulièrement frustré quand je me retrouvais moi-même coincé dans des murs invisibles. Si je dois recommencer une partie du jeu parce que j’ai été vaincu, pas de problème. C’est de ma faute et je l’avoue. Si c’est plutôt la faute aux bogues, là je deviens hors de moi. En fait, énumérer tous ces problèmes fait tranquillement revenir la frustration ressentie en jouant.

La musique est très générique. Si vous avez écouté un film de zombies ces vingt dernières années, vous savez exactement à quoi vous attendre. L’une des raisons qui expliquent pourquoi les personnages sont oubliables est le travail des acteurs qui procurent les voix. Oui, le scripte est si mauvais qu’il en est drôle. Cependant, les acteurs ont fait un travail plus qu’ordinaire aussi.

Conclusion

En somme, Dead Island : Riptide est une opportunité manquée. Le premier avait établi de bonnes bases sur lesquelles la suite aurait pu bâtir quelque chose de spécial. Puisque la jouabilité est l’aspect le plus important d’un jeu, Riptide possédait déjà le nécessaire afin de s’établir comme une franchise sérieuse et amusante. Or, le manque de rigueur et d’originalité a fait en sorte que la très grande majorité des gens regardera ailleurs quand viendra le temps de se procurer un jeu de morts-vivants. Tous les défauts techniques m’empêchent véritablement de le recommander à qui que ce soit, hormis les plus fervents amateurs de zombies (dont je fais partie). Si j’utilisais un langage plus familier, je dirais qu’il manque de viande autour de l’os. Non, attendez, je me reprends. Il n’y a tout simplement pas de viande, seulement un squelette! Riptide est un jeu incomplet, voilà. Le contenu est insuffisant pour le considérer comme une véritable suite.Dead World doit sortir l’année prochaine. Espérons que les créateurs auront finalement appris de leurs erreurs.

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