Critique : Copains pour toujours 2 (film).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Je vous le dis sans détour, Grown Ups 2 est l’un des pires films que j’ai vu depuis longtemps. Et j’en ai vu des mauvais! Beaucoup même. Ce qui s’en vient est une critique exhaustive qui tentera par tous les moyens de vous dissuader de perdre à votre tour 101 minutes de votre vie. Vous avez une soirée libre et la tentation est forte de visionner le tout dernier Adam Sandler? Écoutez plutôt une chaîne d’informations en continu. En fait, regardez le même bulletin de nouvelles à plusieurs reprises pendant 101 minutes, votre temps sera mieux servi…

Grown Ups 2 se déroule trois ans après les évènements du premier film. Nous retrouvons les mêmes protagonistes: Lenny (Adam Sandler), Eric (Kevin James), Kurt (Chris Rock) et Marcus (David Spade) qui semblent s’ennuyer dans leur train de vie quotidien. Ils décident d’organiser une fête afin de revivre les meilleurs moments de leur enfance et de leur adolescence. Beaucoup d’obstacles vont se dresser sur leur chemin avant qu’ils puissent parvenir à leurs fins. La dernière journée d’école de leurs enfants va leur en mettre plein les bras aussi. Voilà toute la complexité du scénario. “J’ai vu pire.”, vous dites? Entièrement d’accord avec vous. Ce n’est pas tant l’idée initiale que l’exécution qui ne fonctionne pas du tout.

Commençons simplement: qui a eu la brillante idée de tourner une suite à Grown Ups? J’ai l’impression de me répéter dans plusieurs critiques de films parce que le syndrome de la suite a de nouveau frappé. Le premier opus n’avait pas remporté la Palme d’Or, évidemment, mais il était tolérable. La fin ne laissait pas entrevoir une suite non plus. Mais Columbia Pictures a eu 271 millions de bonnes raisons de poursuivre l’aventure. Incroyable, mais vrai. C’est avec un budget de 80 millions de dollars (le même montant que le premier) que le studio appartenant à Adam Sandler, Happy Madison (nom unissant les titres de deux de ses films précédents, Happy Gilmore et Billy Madison), se penche sur l’écriture d’un autre scénario. Je crois sincèrement que ce scénario a été écrit dans les dix minutes qui ont suivi la réception du chèque venant de Columbia leur permettant de tout mettre en marche. À ce sujet, quelqu’un devra m’expliquer où sont allés tous ces millions. Mis à part le salaire des acteurs, rien ne laisse transparaître le moindre effort qui pourrait justifier l’injection d’autant d’argent. Il y a quelques effets spéciaux, certes, mais rien de spectaculaire, bien au contraire.

Afin que vous compreniez l’ampleur du désastre cinématographique, je vais vous décrire la scène d’ouverture (normalement, je suis contre toute forme de dévoilement de l’intrigue mais puisque j’espère de tout cœur que vous éviterez Grown Ups 2, je m’offre cette petite liberté temporaire) :

Lenny se réveille tranquillement aux côtés de sa femme Roxanne (Salma Hayek). Il se tourne vers sa droite et voit…un chevreuil. Il reste calme, se retourne vers Roxanne et lui murmure d’ouvrir la fenêtre. Celle-ci lui demande pourquoi en lui lançant un regard inquisiteur. C’est alors qu’elle voit à son tour le cerf et se met à crier. L’animal hurle à son tour, se lève sur ses pattes arrières et se met à uriner sur le couple. Par la suite, il s’enfuit de la chambre et fait irruption dans la salle de bain où l’un des trois enfants de Lenny et Roxanne prend une douche. Ils hurlent tous les deux et la bête urine sur sa nouvelle victime. Il repart aussi vite qu’il est entré et descend au rez-de-chaussée en détruisant tout sur son passage. La famille réussit à coincer le chevreuil dans une pièce. Le cerf remarque l’ourson en peluche d’un des enfants. Lenny s’en servira comme leurre pour conduire l’animal vers l’extérieur, non sans entrer en collision avec le facteur qui se trouvait de l’autre côté de la porte. Une fois remis sur pied, le facteur ne peut s’empêcher de complimenter Lenny sur la grosseur de la poitrine de sa femme (oui, oui, vous avez bien lu!). Lenny lui reproche son commentaire déplacé, puis, change d’idée. Il accepte avec enthousiasme le high five que lui tend le facteur.

Les scénaristes avaient probablement quelques verres dans le corps quand ils ont écrit ce “film”. Le paragraphe précédent démontre tout ce qui ne va pas. Le dialogue? Exécrable. Autre que des hurlements, des propos sexistes et des bijoux du genre : “It’s peeing on me!”, il n’y a que des paroles vides.

Ensuite, un cerf? En plein secteur résidentiel? Et il réussit à monter jusqu’au deuxième étage sans que personne n’entende le moindre bruit? Lenny croyait réellement que le chevreuil sauterait par la fenêtre ouverte du deuxième étage? Quelle mauvaise idée truffée d’incohérences. Pourquoi pas un tigre échappé d’un cirque tant qu’à y être? Aussi, il fallait vraiment que l’animal urine sur les personnages? Si vous aimez l’humour scatologique, vous serez bien servi.

Les acteurs sont mauvais, du premier au dernier. J’allais affirmer qu’Adam Sandler poursuit sa descente aux enfers mais il est clair à mes yeux qu’il est arrivé à destination depuis belle lurette. La phrase suivante n’a pas été écrite avec légèreté et j’assume pleinement les conséquences qui suivront : Jack and Jill est un meilleur film que Grown Ups 2…Voilà. Le jeu d’ensemble de la suite a fait en sorte que je l’ai détestée encore plus que l’abomination de voir Adam Sandler jouer les rôles d’un frère et d’une sœur. Je m’ennuie du Sandler qu’on a pu voir dans les années 1990 dans The WaterboyHappy GilmoreThe Wedding Singer et Big Daddy. Cela correspond avec ses années de gloire à Saturday Night Live où lui, David Spade et Chris Rock se partageaient la vedette. Rob Schneider (curieusement absent malgré le fait qu’il jouait dans le premier Grown Ups) complétait le groupe se faisant surnommer les Bad Boys of SNL. Le “jeu” de Spade et Rock est tout aussi minable que celui de Sandler. Kevin James…mis à part disons Hitch, a-t-il déjà fait un bon film? À ce stade-ci, The King of Queens n’est qu’un lointain souvenir.

Les filles ne sont pas épargnées car presque tous les personnages masculins sont mariés. Maya Rudolph, Maria Bello et Salma Hayek ont dû recevoir plusieurs millions de dollars pour revenir. Bien qu’elles ne soient pas les vedettes du film, elles ne font rien pour améliorer la situation. Tout comme les apparitions de nombreuses vedettes de catégories A à Z comme Shaquille O’Neal, Taylor Lautner, Patrick Schwarzenegger (fils de…) et Paulina Gretzky (fille de…).

En somme, tenez-vous loin de cette catastrophe. Répandez le mot d’éviter Grown Ups 2 coûte que coûte. Le film passe à TVA ou à la SRC un samedi soir au beau milieu de l’hiver? Changez de chaîne, vous m’en remercierez. Vous êtes quelqu’un qui aime les films stupides? Ne vous donnez pas la peine. Normalement, ces films provoquent des rires, même si ce n’est pas pour les bonnes raisons. Mega Shark Versus Giant Octopus me vient à l’esprit à titre d’exemple. Un mauvais film? Certes. Divertissant tout de même. Je ne peux pas en dire autant de Grown Ups 2. De grâce, faites en sorte qu’il n’y ait pas une autre suite. Un vrai film de m…

Pour me donner vos impressions, envoyez-moi un courriel à marcolalonde@jestermind.com ou faites-moi signe sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/marcolivier.lalonde

 

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