Critique : Bioshock Infinite (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Introduction

Il y a de ces jeux qui frappent l’imaginaire. Ceux qui restent dans notre mémoire longtemps après avoir déposé notre manette. Bioshock Infinite en fait partie. Quand vous réaliserez toute l’ampleur de la fin du jeu, vous comprendrez pourquoi j’en fais l’éloge à ce point. « Mais Marc-O, me direz-vous, à ta première critique, tu encensais Persona 4 Golden tellement qu’il fait désormais partie de ton top 10. Tu dois être un chroniqueur avec des standards assez bas pour avoir un deuxième jeu de suite aussi bien coté! » Eh bien non. Sachez que je suis quelqu’un de très critique et pointilleux. En fait, j’ai tout simplement été chanceux dans la sélection de mes jeux ces temps-ci. Des critiques acerbes se pointeront sûrement le nez dans un avenir rapproché. Revenons à nos moutons cependant!

Histoire et personnages

Si les Bioshock précédents se déroulaient sous la mer, c’est dans le ciel que le jeu se situe cette fois-ci. Booker, le protagoniste est chargé de retrouver une fille du nom de Elizabeth en échange de l’effacement de ses dettes (monétaires?). Il nous apparaît comme un mercenaire typique des jeux de tir à la première personne. À son arrivée (tumultueuse) à Columbia, ville flottante, Booker réalise que la religion a une emprise peu commune sur sa population. Les paysages paradisiaques font contraste avec l’atmosphère étrange qui règne sur les citoyens. Booker est rapidement stigmatisé, car une certaine prophétie avait anticipé l’arrivée du « faux prophète ». Les gens chercheront à l’éliminer pour éviter qu’il ne retrouve Elizabeth. Ils auraient réussi assez rapidement si Booker n’avait pas développé des pouvoirs surnaturels. J’y reviendrai un peu plus loin.

Lorsque Booker trouve finalement Elizabeth, celle-ci n’est pas seule. Un grand oiseau métallique se nommant Songbird lui sert de protecteur (gardien de prison?). Ils réussissent à s’enfuir temporairement, mais la bête reviendra les hanter à quelques reprises. C’est à ce moment que le jeu débute réellement à mes yeux. L’objectif est simple : s’évader de la ville. Honnêtement, l’histoire est secondaire aux personnages à ce stade-ci. En fait, peu de développements majeurs, hormis au début et à la fin, surviennent durant la majorité du jeu. L’attrait émotionnel de Bioshock passe presque uniquement par Elizabeth. Alyx Vance de Half-Life 2 est le dernier personnage non joueur que j’ai aimé autant. La gamme d’émotions qu’elle démontre est sensationnelle. Il faut voir la curiosité qui s’affiche dans son visage quand elle examine des objets; sa frustration quand Booker prend une décision qu’elle n’approuve pas; sa peur quand Songbird se trouve dans les environs; sa joie quand elle danse sur un air accrocheur. Jamais un personnage fictif ne m’est apparu aussi vrai.

Jouabilité

Je ne peux pas mentionner la jouabilité sans mentionner une fois plus le décor. Columbia n’est pas une seule île flottant dans les airs. Elle est un regroupement se rapprochant plus d’un archipel en fait. Difficile donc de se déplacer quand on risque continuellement de tomber en bas vers notre mort. C’est pourquoi il y a des rails partout. Grâce à un instrument particulier, Booker peut s’agripper à ces rails pour se déplacer beaucoup plus rapidement. Elles peuvent aussi être utilisées pendant les combats. Cela les rend beaucoup plus dynamiques. Si Booker est pris dans un coin dû à des tirs ennemis soutenus, il peut s’enfuir rapidement pour se placer plus favorablement dans l’environnement.

Comme je l’ai mentionné, Booker développe des pouvoirs. Outre ses armes traditionnelles (carabines, fusils, pistolets), Booker peut se défendre grâce à des « vigors ». Ce sont des potions qui permettent au héros de subir des mutations. Il pourra électrocuter, brûler et prendre possession des ennemis. La variété des ces pouvoirs permettent à Bioshock de se distinguer des autres jeux de tir à la première personne. Les vétérans de la série ne seront pas surpris outre mesure.

Graphiques, musique et voix

Si Elizabeth démontre autant d’expressions différentes, c’est sûrement en partie dû au fait que les graphiques ne sont pas ultraréalistes. Irrational Games a préféré un style se rapprochant des bandes dessinées. Cela leur a permis de maximiser le nombre de polygones qu’ils avaient à leur disposition. Inutile d’avoir précisément 150 poils sur chaque sourcil si ce dernier ne bouge pas. Vaut mieux avoir un trait noir amovible. Si vous voulez un exemple concret de la différence, regardez la transition entre The Legend of Zelda : The Ocarina of Time et The Legend of Zelda : Wind Waker. Pour le premier opus à la Gamecube, tout le monde s’attendait à un résultat beaucoup plus réaliste, à la manière de The Legend of Zelda : Twilight Princess. Nintendo a opté contre. Oui, la Gamecube était beaucoup plus puissante que la console précédente. Cela n’empêche pas que Link était beaucoup plus démonstratif qu’avant en grande partie dû au style graphique.

La musique propre aux années 1910 est omniprésente. Le jazz et les quatuors ( un style musical que j’apprécie plus qu’une personne de mon âge ne le devrait!) font bon ménage. Quand Songbird fait une apparition, la musique devient plus stridente avec ses violons et plus intense avec ses percussions. Cet oiseau a son propre thème, un peu comme un certain coq d’une certaine franchise de restaurants. La musique change aussi durant les combats réguliers. Un signal vous indique par ailleurs quand ils prennent fin. Si j’ai un seul petit problème côté audio, c’est que la musique semble être un peu trop forte pour les scènes. Comme si les développeurs ne nous faisaient pas assez confiance pour comprendre et réaliser l’impact émotionnel des scènes. Ils tiennent à nous étouffer avec. Mais bon, ce n’est qu’un détail très mineur. Rien pour affecter réellement la cote du jeu.

La personnalité de Elizabeth ne serait pas aussi distincte sans la performance vocale impressionnante de Courtnee Draper. Elle fait un travail colossal pour donner une âme à Elizabeth. Booker n’est pas en reste non plus, car le vétéran acteur de voix Troy Baker l’incarne avec précision. Ils se devaient d’effectuer un travail remarquable parce qu’il n’y a pas beaucoup de personnages secondaires importants. En fait, en jouant à Bioshock, on a plus l’impression d’assister à une pièce de théâtre qu’à un film. C’est pourquoi le jeu des acteurs est aussi primordial.

Conclusion

Que dire de plus sur Bioshock Infinite? Très peu, autre que vous devez absolument vous le procurer. L’avantage que ce jeu a sur Persona 4 Golden, c’est qu’il est disponible sur PS3, 360 et PC. À moins de ne posséder que des consoles Nintendo, vous n’avez aucune excuse de ne pas y jouer! Ce jeu n’est pas vraiment comparable aux Call of Duty et Battlefield de ce monde. Il faut plutôt se rapporter à Dead Space 3, Singularity et Deus Ex : Human Revolution pour que la comparaison ne soit pas boiteuse. Ils ne font pas le poids, malgré toutes leurs qualités, face au chef-d’oeuvre qu’est Bioshock Infinite.

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