Critique : Alt-J (spectacle)

(Par Jérémie Bernard)

Première partie (Hundred Waters) :

Très intéressante découverte, Hundred Waters se caractérise par un son très électronique et des rythmes complexes souvent prisés des mélomanes. Avec une pléthore d’instruments différents allant des tables de DJ aux claviers en passant par les percussions et la flute traversière, ce groupe sait apporter sur scène tout ce qui compose leur son en studio. Malgré quelques problèmes techniques, comme la voix manquante d’une des deux chanteuses et une pédale débranchée, le groupe a su offrir à la salle comble du Théâtre Corona une prestation plutôt riche, quoique quelque peu longue.

Allez jeter un coup d’œil à cette formation de Floride si vous aimez être transportés dans un torrent de sons et d’effets parfois très rythmés, mais la plupart du temps regorgeant de douceur à la Bjork.


Le phénomène Alt-J ne cesse de croître exponentiellement depuis la parution de leur premier album fin 2012, menant ainsi ces jeunes musiciens vers une renommée critique mondiale ainsi qu’un succès toujours supplanté à chaque nouvelle visite de leur part. La salle de ce soir était pleine, les billets s’étant vendus très rapidement quelques mois auparavant. Ces talentueux Anglais ont donc la pression d’offrir une prestation à la hauteur des attentes fulgurantes du public fidèle québécois.

Qu’est-ce qui fait le succès de cette relativement nouvelle formation? Le caractère inimitable de leur son, bien sûr ! Prenez des influences artistiques diverses, n’ayant pas nécessairement de lien direct avec la musique, mélangez ensuite le tout avec une amitié sans bornes et un désir de faire quelque chose de différent et vous comprendrez l’essentiel de la recette Alt-J.

C’est avec une grande sensibilité que le quatuor anglais a livré sa marchandise lundi soir, jouant l’intégralité de son seul album ainsi que quelques petits bonus intéressants. Le tout totalisa les 50 minutes environ; prestation plutôt courte, mais qui ne fut alourdie d’aucune longueur ou perte d’énergie trop souvent caractéristique des sets plus longs.

Le groupe sait très bien reproduire ce que j’appelle la « simple complexité » de leurs compositions sur scène. Le gros de la qualité musicale de leurs constructions se trouve au niveau des arrangements ainsi que des harmonies de voix. En spectacle, les voix de Joe Newman et Gus Unger-Hamilton s’agencent aussi bien que sur l’album, créant ainsi des moments a capella uniques et une grande couleur sonore sur chaque pièce jouée.

Que ce soit par la douceur exquise de Mathilda ou la chaleur tribale de Fitzpleasure, toutes les facettes (et elles sont nombreuses) d’Alt-J sont bien interprétées et sortent bien avec l’acoustique de qualité du Théâtre Corona. Côté éclairage, le groupe en offre aussi pour notre argent. Avec des lumières calculées au quart de tour pour faire oublier l’immobilité statique des musiciens et des petits globes lumineux ajoutant une certaine féérie à la scène, tout le côté ambiance du spectacle fut réussi avec mention.

C’était donc une courte, mais excellente soirée au théâtre Corona. La jeune formation a prouvé encore une fois qu’elle savait ce qu’elle faisait et qu’elle aimait le faire, le public ayant tout de suite embarqué dans leur musique pour donner une énergie très puissante au groupe durant tout le spectacle. Merci à Renaud Leduc, éternel prospecteur de billets impossibles à avoir, pour avoir rendu cette soirée possible et mémorable !

 

Photo

Image par Renaud Leduc.

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