Ces super-women sans suit de spandex.

(Par Myriam Beaulieu)

L’idée de ce billet m’est venue alors que je passais l’aspirateur dans mon miniappartement (j’ai le droit de dire ‘’mini’’, c’est un 2 ½, et même si vous vous dites ‘’c’est pas SI petit’’, euh, avez-vous déjà essayé d’installer juste un ordinateur et de vous dire finalement ‘’Ouin, y’a pas de place’’, ben c’est ça, c’est petit comme ça, chez moi).

C’était la troisième fois de la semaine que je passais ledit aspirateur. Nous étions un mercredi soir. Folle du ménage, dites-vous? Non, je vis seulement au niveau de la rue, ce qui fait que j’ai toujours au moins 67 cailloux et 24 brindilles  qui se bousculent pour entrer par ma porte. Et là, je ne m’avance même pas sur les mousses de bas neufs de mon copain qui osent s’incruster dans mon tapis 24h/24, parce que je finirais cet article dans 2 semaines.

Donc, en faisant mon ménage pour la troisième fois de la semaine alors qu’on est juste deux à vivre dans mon appartement, je me suis mise à penser à ma mère. Ma mère qui, à un certain moment donné, a probablement tout simplement abandonné l’idée de passer un ‘’coup’’ de balayeuse à tous les jours parce que, soyons honnêtes, avec deux enfants, un mari et un chat (oups, désolée papa!), ça ne sert strictement à rien. Par la suite, je me suis aussi mise à réfléchir à tout ce que ma mère avait dû faire en tant que super-woman durant notre enfance, à ma soeur et moi (et là, je ne parle même pas de ma belle-maman, qui elle, avait à s’occuper de 4 enfants… légère pensée de terreur qui m’envahit ici).  Écoutez, j’étais épuisée après avoir fini de nettoyer mon tout petit logis, ce n’est pas des blagues!  Alors que ma maman, en plus d’essayer de garder la maison limite présentable, devait préparer le souper, nous aider à apprendre à lire le mot ‘’pomme’’, veiller à ce qu’on rentre à temps les soirs pour prendre nos bains, nous sécher les cheveux, nous laisser écouter un peu de tivi et finalement, nous mettre au lit, pour à son tour, commencer à peut-être essayer de relaxer vers 9:00pm entre deux brassées de lavage. Et de tout recommencer le lendemain. Pas dans trois jours, non non, le lendemain.  Le lendemain, après sa journée de 8 heures de travail, après le trafic. Juste à y penser, je suis essoufflée!

Habituellement, ce webzine parle de culture populaire. Sauf que je crois qu’il n’y a pas mieux placées que nos mamans pour utiliser le terme ‘’culture populaire’’. Elles sont des phares, des emblèmes, des pionnières. Elles sont des super-women, sans qu’on ne s’en rende vraiment compte, parce qu’elles ne déambulent pas dans un suit de spandex rouge vif qui dit ‘’Super-Maman’’. Elles sont plutôt des héroïnes du quotidien, qui passent bien trop souvent inaperçues.

Elles sont les lumières de nos univers, de notre naissance à notre vie d’adulte, en passant par notre adolescence, qui avouons-le, n’est pas toujours facile. Même quand on a 24 ans et qu’on habite toute seule, on appelle Maman (remarquez la majuscule au début du mot ici, je pense que le mot ‘’Maman’’ mérite cette dernière) parce qu’on n’est pas certaine combien de temps on devrait mettre le rôti dans le four. Même quand on a 21 ans et qu’on fait de la fièvre depuis 2 jours, et qu’on voudrait tellement qu’elle nous dise quoi faire, mais oups, elle est en voyage à Cuba (expérience vécue ici, hihi!). C’est notre Maman même quand on a 29 ans et qu’elle part à l’étranger pour le travail, et qu’on a peur qu’elle ne soit pas revenue à temps pour la naissance de notre bébé, parce qu’on a tant besoin d’elle dans ces moments-là. C’est notre Maman quand on est perdu(e)à cause d’une rupture amoureuse douloureuse et qu’elle est là juste pour nous prendre dans ses bras et nous changer les idées. C’est encore et toujours  notre Maman quand à son tour, c’est elle qui a besoin de nous pour bouger la bibliothèque ultralourde dans son salon. Maman un jour, maman toujours.

Alors que ce soit en passant l’aspirateur, en courant d’un côté et de l’autre pour arriver à faire l’épicerie avant que la visite n’arrive ou d’avoir à l’appeler pour lui demander ce qu’on fait avec notre petite qui a la varicelle, il faut penser à notre chère petite Maman, tous les jours, et surtout, être reconnaissant(e)s. Penser à cette super-woman qu’elle était (et qu’elle est toujours, parce que même si on est parti(e)s de la maison, il reste le mari à s’occuper, ha ha ha!) pour faire de notre vie celle de ‘’ super-kids ’’.

Et le jour ou ce sera mon rôle d’être une ‘’super-maman’’, et que mon plus vieux m’appellera pour me demander ce qu’il doit faire parce que son p’tit vient de manger une tonne de sable, j’essaierai, à mon tour, d’être à la hauteur de toutes ces ‘’super-women sans suit de spandex’’.

Bonne fête à toutes les Mamans du Québec!

Archive (12/05/2013)

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