Billet historique 2 : La ville de Sparte (1000 av. J-C)

(Par Ioan Sénécal)

Pour ce second billet consacré à des personnages historiques célèbres, j’aborderai un sujet cher au cœur de tous les geeksde ce monde, c’est-à-dire Sparte. En effet, popularisé notamment par le célèbre roman graphique de Frank Miller (300) et, ensuite, par le péplum fantastique de Zack Snyder (encore 300!), la cité de Sparte, ces hoplites spartiates et son roi Léonidas sont entrés dans l’imaginaire collectif de biens des gens de notre génération. Cependant, qu’en est-il dans les faits? C’est ce flou que je vais tenter d’éclaircir ici en vous parlant du personnage historique derrière le héros personnifié par Gerard Butler!

D’abord cependant, il est nécessaire de procéder à une petite mise en contexte. En effet, le film 300 présente la célèbre bataille des Thermopyles. Celle-ci opposait l’Empire perse achéménide à 300 spartiates représentant une confédération de cités grecques.

Qui sont les Perses achéménides? Eh bien, contrairement à la vision mise de l’avant dans le film, les Perses de l’époque ne mesuraient probablement pas 3 mètres et n’avaient pas autant de piercings qu’un junkie sur Saint-Catherine! Il s’agissait en fait d’un peuple moyen-oriental qui, mené par les rois Cyrus, Darius et Xerxès, étendra son influence sur toute la Mésopotamie et sur l’actuelle Turquie pour finalement se heurter aux limites de la civilisation hellénistique en mer Égée.

Qu’est-ce que la confédération des cités grecques? Il ‘agit ici d’une alliance entre cités États grecques mise sur pied pour faire face à la menace que les Perses faisaient peser sur toute la zone d’influence de la civilisation hellénistique en plein essor. En effet, selon Hérodote (le premier historien de l’Histoire, célèbre entre autres pour sa description de la guerre de Troie et des guerres médiques dont nous traitons ici), l’armée de Xerxès était composée d’environ 2 000 000 d’hommes (ce qui est bien davantage que l’ensemble de la population grecque de l’époque!) et, s’il faut reconnaitre que cette armée n’était pas constituée de créatures plus monstrueuses les unes que les autres comme c’est le cas dans l’œuvre de Miller, il n’en reste pas moins que ce n’est pas le genre de trucs que l’on souhaite voir passer dans notre cour arrière (surtout si l’on vient de faire un ouvrage de terrassement)!

C’est là que notre bon ami Léonidas va entrer en jeu et élaborer une stratégie chère à tous les joueurs de jeu de stratégie en temps réel de notre époque: le «choke point». La stratégie consiste à faire passer une armée de taille importante dans un goulot d’étranglement afin de rendre celle-ci numériquement comparable à une armée de plus petite taille. Voici d’ailleurs un exemple moderne de la stratégie (Annexe 1)

Le génie de Léonidas sera de positionner ses soldats spartiates qu’il sait hautement qualifiés (il s’agit d’un euphémisme puisque tout amateur d’Histoire sait que l’élite spartiate consacrait sa vie entière à l’art du combat) dans un passage étroit appelé Thermopyles (le nom signifie portes chaudes et fut choisi en raison de la présence de sources thermales à proximité de l’endroit). La stratégie aurait surement fonctionné à merveille, n’eût été la trahison d’Éphialtès qui montra aux Perses  un passage leur permettant de contourner le goulot et d’encercler les 300 de Léonidas (ici encore, un exemple moderne : Annexe 2).

Ainsi, malgré le valeureux combat menés par les hoplites spartiates contre les mélophores (le corps d’élite de l’armée perse aussi surnommé Immortels, ce qui donne une idée de la dureté de leur couenne!), la bataille des Thermopyles fut perdue par Sparte. Néanmoins, le combat a permis de retarder et d’affaiblir considérablement l’armée de Xerxès ce qui, ultimement, mena à la victoire de la confédération grecque face à l’envahisseur.

 Dès lors, la civilisation hellénistique put se développer et mettre aux points de nombreuses institutions que nous marquent encore en tant qu’Occidentaux. Nous devons donc tous un gros merci à Léonidas et aux 300 hoplitiques qui l’accompagnèrent dans la mort afin de défendre la veuve et l’orphelin, la liberté, le courage et l’huile d’olive (non mais quel talent possède-je en matière de tirade patriotique!). Bref, j’espère que vous avez apprécié ce billet (je réalise que ma petite mise en contexte s’est finalement étirée au point de constituer l’ensemble du billet… tant pis!) que je vais conclure en nous gâtant tous collectivement avec cet extrait du film 300 (Annexe 3)

Sur ce, ne manquez pas mon prochain billet dans lequel je reviendrai près de nous, tant dans l’espace que dans le temps, en vous présentant notre Ti-Poils national, René Lévesque!

Archive (10/04/2013)

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